La stratégie du Président Macron sur l’Intelligence Artificielle dévoilée

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Le Président Macron et son gouvernement ont aujourd’hui présenté au Collège de France, à l’occasion du rapport Villani, la stratégie et les ambitions nationales vis-à-vis de l’Intelligence Artificielle.

« L’intelligence artificielle est une révolution technologique, économique, sociale et éthique » a déclaré le président Macron dans un discours concluant le symposium AI for Humanity, « cette révolution n’aura pas lieu dans 50 ou 60 ans, elle a lieu aujourd’hui »

Certaines des meilleures écoles d’ingénieurs du monde et bon nombre des plus prestigieuses institutions mathématiques sont françaises ; et l’élite mondiale des chercheurs en intelligence artificielle compte bon nombre de Français. Ces derniers travaillent souvent pour les géants Américain d’Internet, en Californie et à New York (comme par Exemple Yann LeCun, directeur de la Recherche en Intelligence Artificielle chez Facebook, qui travaille à New York). Le gouvernement compte désormais capitaliser sur ce soft power.

La Stratégie du Gouvernement

L’ambition du gouvernement de faire de la France un hub mondial pour l’intelligence artificielle passe par une stratégie à l’échelle du quinquennat (horizon 2022), qui vise par plusieurs piliers à créer un écosystème cohérent autour de l’intelligence artificielle.

Tout d’abord, un plan d’investissement d’1 Milliard et demi d’euros a ainsi été annoncé, avec un enveloppe de 400 M€ dévolue aux « appels à projet et défies d’innovation de rupture ». Cette annonce complète celle, faite l’année dernière, de la création d’un fond de 10 milliards d’euros, qui d’après le Président ciblera en priorité les startups d’intelligence artificielle (IA). Cet effort financier s’accompagne d’un effort général de prise de conscience des défis liés à l’IA, comme par exemple l’annonce de la création pendant le quinquennat d’un cadre législatif pour que puisse circuler les véhicules autonomes en France.

Qui plus est, de nombreuses multinationales pionnières en IA ont annoncé leurs plans de création en France de centres de recherches sur l’IA ces deux derniers jours. Samsung a annoncé mercredi l’implantation de son troisième plus gros site de recherche en IA en France après ceux en Corée du Sud et aux Etats-Unis, et le groupe japonais Fujitsu relocalisera en France ses recherches européennes en matière d’IA après avoir conclu d’une année d’études que la France « sortait du lot en matière d’intelligence artificielle ». Jeudi, Microsoft a annoncé l’injection de 30 millions de dollars pour développer une « Ai de confiance » en France ; Google France a annoncé le financement d’une chaire internationale dédiée à l’intelligence Artificielle à l’École Polytechnique ; et IBM dans le cadre de sa prochaine campagne de recrutement massif, compte recruter en 2 ans 400 experts en intelligence artificielle.

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Le Président Emmanuel Macron avec le Président et Chief Strategy Officer de Samsung, Young Sohn

Enfin, et ainsi que le préconisait déjà le rapport IA de l’année dernière, l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en automatique) s’apprête à créer un centre programme de recherche national en IA, pour doubler le nombre de chercheurs en IA en France, comme l’a annoncé le président. D’autres processus pour faciliter les ponts entre mondes économique et académique sont aussi envisagés, comme une facilitation des démarches de création de startup ou de travail en entreprise pour les doctorants.

Une attitude face à l’Intelligence Artificielle

L’intervention du Président ne s’est pourtant pas limitée à l’annonce de cette stratégie. Le Président Macron a insisté sur les conséquences éthiques du développement de l’intelligence artificielle, notamment en termes de traitement de données personnelles. Évoquant la future Réglementation sur le Protection des Données Personnelles comme un pas dans la bonne direction, le président a réaffirmé l’engagement de transparence quant aux données collectées et traitées par le Gouvernement créé par la loi Lemaire. Les projets de recherches et les entreprises recevant de l’argent public devront ainsi elles aussi partager leurs algorithmes et leurs données.

Dernière modification : 29/03/2018

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